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L’avenir de l’Europe passe par une refonte de notre politique de l’Emploi !


Rédigé par: Rene Judak

 

Un constat implacable

Un rapport crucial qui nous concerne tous, est publié aujourd’hui. Nous nous devions d’en dresser un compte-rendu sur TaxWorld.

 

Après l’OCDE, c’est en effet au tour de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) de rendre, ce 11 juillet 2012, une étude qui interpelle sur la situation économique et du travail en Europe (http://www.ilo.org/global/lang--fr/index.htm). En filigrane, on comprend que derrière ces chiffres se profile une crise bien plus pernicieuse : celle de la confiance portée par les européens à l’égard de leurs dirigeants et de leur capacité à les sortir efficacement (lire : sans trop de dégâts collatéraux) du marasme actuel.

 

Le constat est, en effet, implacable : le nombre total d’emplois demeure inférieur de 3,5 millions à ce qu’il était avant la crise ayant frappé l’Europe fin 2008. Si une refonte sérieuse de nos politiques économiques n’est pas engagée, le nombre  de chômeurs de plus en 4 ans dans la zone euro pourrait même atteindre les 4,5 millions !

 

Après une timide reprise, l’OIT constate, d’ailleurs, que l’emploi recule significativement depuis le début de l’année  dans la majorité des Etats membres de la zone euro, à tel point qu’au printemps 2012, le taux de chômage culminait à 11 %, soit près de 17,4 millions de demandeurs d’emploi.

 

Le chômage des jeunes en Europe atteint, à lui seul, 22% en moyenne. A cet égard, le pourtour méditerranéen est le plus touché : ce taux passe à 50% en Espagne et en Grèce !

 

Plus aucun Etat n’est à l’abri


Même s’il faut toutefois souligner la « performance » de la Belgique, qui réussit, aux côtés de l’Allemagne et du  Luxembourg, à maintenir le cap grâce à un niveau d’emploi supérieur qu’en 2008, force est de constater que la qualité du travail s’est détériorée. On songe ici aux diverses mesures d’assouplissement introduites sur le marché du travail : flexibilité accrue, conditions de licenciement allégées, … qui ne paraissent pas, à défaut de réelle reprise économique, mener à une croissance du nombre d’emplois créés.

 

A cet égard, l'OIT prévoit même une récession prolongée du marché du travail dans un avenir relativement proche.

 

Même si nous ne sommes pas tous égaux devant la crise, les analyses rendues publiques par l’OCDE et l’OIT sont cruciales pour prévenir les risques évidents de contagion et, de façon plus générale,  assurer l’avenir de l’Europe.

 

Une solution ? Investir !


Face à ce constat, pour le moins alarmant, existe-t-il une solution ? Que faut-il faire pour redresser la barre ? L’austérité budgétaire, telle que prônée par les gouvernements européens, Allemagne en tête, si elle peut avoir une incidence sur l'emploi, ne pourra, selon l’OIT, certainement pas réduire de manière significative les déficits budgétaires.

 

Pour espérer une reprise sérieuse et durable, surtout au niveau de l’emploi, il faudrait miser sur la croissance, pierre angulaire des recommandations de l’OIT.

 

Plusieurs pistes sont donc proposées :

 

  • renforcer la politique d’investissements, indispensable pour améliorer les perspectives d’emploi au sein de la zone euro. L’OIT insiste sur une stratégie réelle de croissance et, par conséquent, d’emploi qui constitue une condition sine qua non à la survie de l’Euro en tant que monnaie unique et de la zone euro en général. Il semble, par exemple, utile de faciliter l’octroi de crédits pour les petites entreprises.
  • remettre sur pieds un système bancaire et financier qui a montré ses limites, au moyen d’une part, d’une solvabilité accrue des banques, et d’autre part, d’un contrôle prudentiel efficace. Une autre mesure envisagée, à cet égard, est la création d’une véritable Union bancaire.  
  • canaliser les différences de compétitivité entre Etats et renforcer la politique sociale afin, d’une part, de lier les salaires à la productivité dans les économies fortes, et d’autre part, de modérer les revenus dans les pays en déficit, tout en renforçant les bases industrielles.
  • s’inspirer des programmes de formation mis en place par les pays scandinaves et qui facilitent la transition entre l'école et le monde du travail comme, par exemple, les garanties offertes par le gouvernement suédois permettant à près d’un jeune sur deux de trouver un emploi stable.
  • assainir rigoureusement les budgets des Etats
  •  recentrer les fonds structurels européens sur l’emploi.



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Rubriques: Economie

Tags: OCDE OIT rapport crise emploi