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Le comptable évalué


 

Un quart des starters cessent leurs activités au cours de la première année tandis que la moitié met la clé sous la porte dans les cinq ans. En ces temps de crise économique, il est, plus encore que par le passé, primordial d'être assisté par un bon comptable. Conscient de cette réalité, l'Institut Professionnel des Comptables et Fiscalistes agréés (IPCF) a mené une enquête nationale auprès de 500 entrepreneurs et titulaires de professions libérales. L'objectif de l'IPCF est clair : remédier aux points faibles du comptable, via, notamment, une réorientation de  la formation professionnelle.
Nous avons résumé pour vous les résultats de cette enquête.

 

Le comptable n'utilise pas un langage compliqué

Les trois quarts des sondés se disent satisfaits du langage technique utilisé par leur comptable. Ce dernier ne recourt pas à une terminologie compliquée et est facilement compréhensible.

 

Les rencontres entre comptable et entrepreneur dépendent souvent de la périodicité de la déclaration TVA.  Les entrepreneurs contraints de déposer une déclaration mensuelle rencontrent leur comptable une fois par mois. En cas de déclaration trimestrielle, ce dernier est contacté tous les trimestres. Les entreprises non assujetties à la TVA et les titulaires de professions libérales ne consultent généralement leur comptable qu'une fois par an (au moment de remplir la déclaration fiscale).

 

L'une des missions du comptable consiste à informer l'entrepreneur sur les primes et aides à l'investissement. Les trois quarts des entrepreneurs interrogés déclarent n'avoir encore jamais   reçu d'information à ce sujet. Conclusion : les comptables doivent être davantage impliqués dans la mise en œuvre des projets. A l'heure actuelle, le comptable est encore trop souvent perçu comme un coût alors qu'il représente aussi une opportunité et un investissement.

 

Bien que les conseils prodigués par le comptable dans le cadre de contrôles fiscaux soient appréciés à leur juste valeur, l'IPCF doit encore œuvrer à la sensibilisation des entrepreneurs quant à la mise en place d'outils de gestion. En effet, pour le moment, seuls un peu plus de 20 % des entrepreneurs sondés font appel à leur comptable pour réaliser des tableaux de bord et de reporting.

 

Rentabilité et prévention : implication accrue du comptable

 

Comme, par ailleurs, les entrepreneurs sont de plus en plus nombreux à tenir leur comptabilité eux-mêmes, le comptable est  en mesure de libérer du temps dans son planning pour conseiller ses clients. Les comptables se concentreront davantage sur la rentabilité des entreprises et le maintien de leur position sur le marché. Un tel suivi permettra d'éviter aux entreprises de devoir faire face à des difficultés. Cependant, les comptables doivent  consacrer de plus en plus de temps à des obligations fiscales sans cesse croissantes ainsi qu'à des problèmes informatiques auprès de l'administration et disposent de ce fait de moins de temps pour conseiller et suivre leurs clients.

 

De même, le comptable joue de plus en plus souvent le rôle d'intermédiaire lorsque ses clients  sont confrontés à de mauvais payeurs. Ces derniers peuvent en effet mettre le client en difficulté, situation que le comptable doit  éviter à tout moment.

 

Législation anti-blanchiment : encore du pain sur la planche

 

La législation en matière d'anti-blanchiment a été profondément modifiée en 2010. Les professionnels du chiffre devront identifier leurs clients et informer la Cellule de Traitement des Informations Financières en cas de soupçon de blanchiment d'argent. Lors de l'exécution des devoirs de vigilance à l'égard des clients, ils devront évaluer le risque de blanchiment d'argent compte tenu du profil du client et de la nature de la mission qui leur aura été confiée. Si le risque de blanchiment est faible, une  vigilance simplifiée suffit. Dans bon nombre de cas, le risque de blanchiment est élevé et le professionnel du chiffre doit alors prendre des mesures de vigilance renforcées.

 

L'enquête démontre que seuls 15,25 % des entreprises ont été informées des nouvelles exigences en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. L'IPCF a déclaré poursuivre la sensibilisation de ses membres par la publication d'un règlement relatif à l'application de la loi et d'une série de documents informatifs.

 

Exercice illégal de la profession

 

Pour conclure, l'IPCF met en garde les entreprises contre les personnes qui exercent illégalement la profession de comptable. Plus de la moitié des entrepreneurs interrogés ne vérifient jamais si leur comptable est agréé par un institut professionnel (IEC ou IPCF). Seuls les membres d'un institut professionnel sont autorisés à donner des conseils comptables ou fiscaux. Les personnes ne disposant pas d'agréation ne sont pas assurées en cas de problème et ne sont pas davantage soumises aux obligations qui leur sont imposées par les instituts professionnels, telles la formation permanente. Dès lors que les réglementations actuellement en vigueur sont de plus en plus complexes, les personnes qui ne suivent aucun recyclage risquent de donner des conseils erronés avec toutes les conséquences que cela implique.
Quiconque est confronté à un comptable ou expert-comptable “illégal” doit en avertir l'IPCF ou l'IEC.


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Rubriques: Comptabilité

Tags: enquête comptable IPCF